Pour mon dernier article sur mon séjour en Guadeloupe, je vais parler d’une journée que j’ai faite à Vieux-Habitants. Le matin, je me suis rendue au fin fond de la vallée jusqu’à l’habitation la Grivelière, une ancienne bonifierie et culture de café. Mais ce n’est pas le sujet de ma visite, cette dernière étant fermée au public (en 2022). Depuis l’habitation, il est possible de faire une randonnée pour se rendre à la Cascade Paradis. Située dans le Parc National de Guadeloupe, cette chute d’eau est réputée pour son bassin orné de majestueuses colonnes basaltiques, témoins de l’Histoire géologique de l’île.



La randonnée débute sur un chemin en terre très large. Attention aux vaches qui se trouvent au milieu du chemin. C’est une partie vraiment facile, le chemin est par moment goudronné.




Je poursuis la route sur environ 1km pour arriver au barrage sur la Grande Rivière des Vieux-Habitants. Lors de mon passage, le niveau de l’eau était relativement bas et le courant assez faible. Je traverse donc au niveau du barrage, les pieds dans l’eau (mais on s’en fout avec le gore tex) c’est direct et plus facile que de passer sur les rochers.





Le sentier se réduit majoritairement au passage d’une seule personne et avance dans une superbe forêt tropicale composée de nombreuses fougères, bambous et autres plantes en tout genre. il va falloir traverser la rivière à ce niveau. Ici, impossible de reculer, il va falloir se mouiller les pieds, voire même les mollets (et peut-être les cuisses, si vous êtes petit(e).



un premier bassin aux belles couleurs vertes, au pied d’une cascade. En toile de fond, vous pouvez apercevoir la fameuse cascade Paradis.Un petit bain dans ce beau bassin profond nous rappelle que l’eau en rivière n’est pas si chaude que ça, haha.



Nous remontons ensuite le sentier en direction de la fameuse Cascade Paradis. Cette dernière est encore plus spectaculaire. L’eau descend de la montagne avec un débit impressionnant. Au pied de cette cascade, on retrouve un magnifique bassin de couleur vert turquoise, le tout au pied d’un imposant escarpement rocheux de lave, aux formes en “orgues basaltiques”. Le cadre est splendide.

Une eau cristalline et des petits poissons, signe d’une eau non polluée


L’après-midi, je me suis dirigée vers la boniferie La Grigne au vent et musée du Café Chaulet. Avec Vanibel, c’est l’une des dernières grandes propriétés produisant du café dans l’archipel et torréfiant le Café de Guadeloupe Bonifieur, considéré comme l’un des meilleurs cafés du monde.

La visite commence dans une grande salle riche de nombreuses explications sur l’Histoire du café en Guadeloupe, les spécificités de sa culture sur l’île et un peu de culture générale sur le café également.
Gabriel de Clieu est à l’origine de l’introduction du café aux Antilles, et particulièrement en Guadeloupe. Vers 1720, ce dernier se fait remettre deux plants de café arabica par le Jardin des Plantes de Paris avant son départ pour les Antilles à bord du Dromadaire, son navire. Malheureusement, au terme d’une traversée difficile, seul un plan survit.

Jusqu’au début du XIXème siècle, Marie Galante et Grande Terre produisent plus de café que la Basse Terre. Mais avec les épidémies sur les caféiers de Grande Terre et la chute des prix du café due à la production massive de café au Brésil, précipitent Grande Terre et Marie Galante dans la transition pour la culture de la canne. en 1820, il ne reste presque uniquement des cultures de café en Basse Terre.

Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, l’essor de la culture bananière fait à nouveau chuter la production de café. La banane a l’énorme avantage, qu’en cas de cyclone, les pertes sont amorties après neuf mois, alors qu’il faut attendre cinq ans pour qu’un caféier produise du café. Ainsi en 1956 après la période des cyclones, il ne reste que quelques plantations en Côte Sous le Vent.


Planteur depuis 1860 et torréfacteur depuis près d’un siècle, la famille CHAULET, est le garant de cette tradition du café en Guadeloupe et tout particulièrement en Côte sous le Vent. Désormais, ils sont principalement torréfacteurs, mais ils ont quand même une petite activité de planteur de café. CHAULET sélectionne différentes variétés de cafés afin d’élaborer une recette unique, qui est la plus proche possible en goût du café Bonifieur.


Le café de la Maison Chaulet est vendu partout en Guadeloupe. Ce 100 % arabica est reconnaissable à son paquet uniformément vert ou jaune. CAFE CHAULET sélectionne, importe, assemble, et torréfie les grains de café, afin de créer ce fameux “Côte sous le vent”. Ce café contient des grains provenant d’Amérique du Sud mais aussi de Guadeloupe.

